12 mai 2007 – Garnier
L’une des multiples superbes partitions du génie Haendel aidé de Milton. Avec un duo final anthologique d’émotion et de Vérité.
Dans la fosse, un chef et sa formation dans une version de grand luxe ; maîtrise impeccable de la partition avec les défauts habituels de Christie (la recherche de perfection tue parfois l’émotion et quelques couacs des cuivres). Je mentionnerai bien sûr cette délicieuse idée des chœurs assis dans les premiers rangs d’orchestre (même si l’effet s’estompe peu à peu).
Sur le plateau, quatre chanteurs d’excellents à excellentissimes. Je pense malgré tout en premier lieu à la royale Kate Royal. Belle, d’une sublime élégance, d’un phrasé qui rend tout surtitre inutile. Que ne pouvons-nous entendre plus souvent cette voix en France. La salle tombe en pamoison devant elle et sa présence scénique. Je veux également parler du valeureux Eric Price, jeune soliste du Tölzer Knäbenchor qui ne démérite en rien devant ses trois autre « collègues ».
Mais Dieu sait pourquoi il aura fallu que l’on nous inflige ce nouveau scandale scénique ? Quel est l’intérêt ? Que tirer de ce fatras sans queue ni tête constellé de références toutes plus faciles les unes que les autres sans fil conducteur aucun ? Comment peut-on accepter cette absence de respect du public ? Le pire : tout ceci est voulu, réfléchi, a demandé des mois de travail. Mais osons le dire : si la folie engendre parfois des chefs d’œuvre, la majorité des fous restent à l’asile et ne viennent pas produire leurs pseudo création.
Que tirer de ces gesticulations inutiles ? Que penser de ces pauvres danseurs contraints de s’habiller, de se déshabiller, de faire des tas de vêtements, de les réorganiser ?
Et sur ces écrans, quoi de neuf ? Rien, les mêmes images battues et rebattues cent fois, dans le même format.
Arrêtons cette hypocrisie pseudo intellectuelle. Cette production ne vaut pas un kopeck, n’apporte rien et devrait partir dans l’oubli. Nous sommes à des années lumières du génie d’un Orphée et Eurydice par Pina Baush ou de la sublimissime version de Tristan et Isolde dont la modernité et la vraie recherche apportaient autant à l’œuvre elle-même qu’à la progression de chacun indépendamment de l’œuvre.
J’attends avec impatience le scandale Traviata qui se profile à grand pas désormais.
PS : le programme, en page de couverture, mentione le nom de cette "chorégraphe" mais pas celui de Haendel. Quelle tristesse !
Dans "il moderato" , "As steals the morn upon the night" est une vraie transcendance de Haendel.
Rédigé par: ahmed | 19 juin 2007 à 19:30