22 mars 2007 – TCE
D’abord un mot sur le TCE que je ne fréquente pas suffisamment. Cette salle est un plaisir et quel confort lorsque l’on est assis, comme nous le fûmes, dans un large fauteuil au tout premier rang de l’orchestre avec, pour seule vision, l’orchestre et son chef, Rousset, et la scène.
Bon, je dois avouer ma grande déception sur cette mise en scène qui n’en est pas une. Les mouvements des chanteurs sont inexistants et, les pauvres, doivent se débrouiller seuls sur ce plateau effroyablement mal utilisé. Je passe sur les hommes affublés d’une traîne qui manque de la faire tomber à chaque pas à tel point que le Roi y fait un très disgracieux gros nœuds. Une seule trouvaille, peut-être, avec ces costumes peints plutôt agréables à l’œil. Pour le reste, une version de concert aurait certainement mieux valu.
La distribution : du bon et du moins bon. Le bon d’abord avec Angelika Kirshschlager dans le rôle titre. La puissance de cette femme est sans pareille à tel point qu’elle en fait parfois un peu trop. La Ginevra de Danielle de Niese lui rend assez bien la pareille même si elle reste malgré tout, que peu, sur son quant-à-soi – doit-on mettre cela sur le compte d’une certaine froideur de princesse ? J’en doute. Le méchant de Vivica Génaux est froid comme l’Alaska d’origine de cette chanteuse ; peu d’émotion dans les airs de cette femme. Mais elle va très bien avec la froideur de cette non mise en scène et de ces décors mortellement blancs.
Et puis encore une incompréhension : pourquoi applaudir aussi chaleureusement le Roi d’Olivier Lallouette si constamment faux et en décalage ? Une énigme de plus.
Le mot de la fin pour Les Talens Lyriques et leur chef, Christophe Rousset. Ce chef ne conduit pas ; il danse devant son orchestre. Un spectacle à lui seul, tel un ludion déchaîné. Mais tout ceci fonctionne à merveille et avec une immense maîtrise au service de Haendel.